Perfect imperfections – Mes formes

Il y a quelques jours, quelqu’un de mon entourage m’a fait une remarque que je n’arrive pas à me sortir de la tête. Peut-être parce qu’elle m’a renvoyé au visage mon plus gros complexe, celui que j’essaye d’enterrer depuis que je suis gamine : mes formes.

Je suis le stéréotype de le blonde de bande-dessinée. Vous savez, celle avec une poitrine à n’en plus savoir que faire et un cul de poney. On me répète dès que j’ose me plaindre que « toutes les femmes rêveraient d’avoir des formes » et que quand on a « un corps comme ça, on ne se lamente pas », alors j’en parle de moins en moins. Mais c’est un malaise qui ne m’a jamais quittée depuis mes 12 ans.

J’ai eu de la poitrine assez jeune, en tous cas beaucoup plus jeune que toutes mes camarades. Je ne me posais pas tellement de questions – je n’y voyais pas de problème et c’est la morphologie familiale. Puis arrivée au collège, un garçon plus âgé a commencé à me faire des remarques. Encore et encore, pendant un an. Si aujourd’hui, je serais tout à fait capable de rembarrer ce genre de connard gros lourd, le fait est que je ne l’étais pas à 12 ans. Je n’ai compris que bien plus tard qu’il s’agissait de harcèlement. Ces paroles ont détruit ma confiance en moi : c’était de ma faute, puisqu’il s’agissait de mon corps.

Et ça m’a suivie pendant des années, dans mes relations aux autres, dans ma façon de m’habiller… Je me sentais difforme, coupable de ce corps qui devait être mauvais puisqu’il attirait : il fallait le cacher, me faire la plus discrète possible pour qu’on ne le remarque pas. J’ai longtemps été très méfiante vis-à-vis des hommes, persuadée qu’ils n’étaient là que pour mes formes.

Aujourd’hui, des années ont passé et j’ai repris confiance en moi. Je me permets de porter de la couleur, des robes, des talons… Et j’aime me répéter que je me fiche de ce que l’on peut penser de moi. Mais il y a encore ces moments où une remarque anodine fait resurgir mon mal-être, cette appréhension d’être vulgaire alors que je ne fais rien de mal. Ces moments où je suis obligée de redemander à Monsieur G s’il m’aime vraiment, pas que pour mon corps. Il a toujours cet air un peu surpris, mais il reste et m’aide à reprendre confiance en moi petit à petit.

Alors n’oubliez jamais que vous valez largement quelqu’un d’autre, que vous n’avez pas plus de complexe que votre voisin ou que cette fille photoshopée sur Instagram. Et je vous en prie, profitez de votre vie et aimez vous comme vous êtes, parce que quelqu’un vous aimera pour ça aussi (Ça fait un peu slogan meetic mais bon).

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